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L'ADQ doit revoir son programme, affirme Dumont |
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L'Action démocratique du Québec devra revoir son programme après le message violent que lui a envoyé la population, a déclaré mercredi le chef adéquiste Mario Dumont.
«Un parti qui reçoit un message aussi violent de la population ne peut pas dire: on ne reverra rien, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Au moment où le chef quitte, c'est certain que c'est un moment de redéfinition.»
M. Dumont, qui a annoncé son départ après le dévoilement des résultats du scrutin de lundi, a toutefois mis en garde contre des changements qui feraient perdre à l'ADQ son orientation de centre-droit.
«Si on met de côté tout ce en quoi on croit, on devient un parti qui est au centre-centre, opportuniste, qui, avec deux, trois sondages, se fait un programme de dernière minute, a-t-il dit. On n'en a pas besoin d'un de plus au Québec. Alors, il faut qu'un parti ait une contribution, amène quelque chose sur le plan des idées.»
Lundi, l'ADQ n'a réussi qu'à faire élire sept députés comparativement aux 41 qui avaient créé la surprise en formant l'opposition officielle après l'élection de 2007.
M. Dumont a souligné le faible taux de participation à l'élection, déclenchée par le premier ministre Jean Charest 18 mois après le dernier scrutin provincial et quelques jours après le dernier scrutin fédéral.
Le chef adéquiste a affirmé que la campagne avait été difficile, en partie parce que le thème de l'économie, choisi par M. Charest, peut paraître ennuyeux.
«Quand on parle du taux de participation, en imposant ça comme thème, à la veille d'une crise, c'est sûr que ce n'est pas le thème qui passionne le plus. Dans beaucoup de cas, l'économie, ça devient un débat d'experts», a-t-il dit, en ajoutant que le choix des libéraux avait été «habile» stratégiquement.
En annonçant son départ le soir du scrutin, M. Dumont, un des cofondateurs de l'ADQ qui a aussi été son premier député, a créé la surprise dans son parti.
Même si sa personnalité est étroitement associée au parti, M. Dumont s'est dit convaincu que l'ADQ est là pour rester.
«Je laisse derrière moi un parti qui n'a pas autant de députés que je l'aurais souhaité, mais qui a une présence bien réelle à l'Assemblée nationale, des gens très talentueux, des comtés tellement enracinés à l'ADQ que, même avec autant de vent, ils restent adéquistes, a-t-il dit. Je veux dire, un parti qui a des milliers de membres, des gens qui partagent les mêmes convictions. Alors, ça, c'est là pour rester.»
Au cours des mois ou des semaines à venir, M. Dumont assurera l'intérim en attendant qu'un successeur soit trouvé.
«Je suis disponible pour rendre service, a-t-il dit. Pas pour être une belle-mère qui encombre, mais pour jouer un rôle dans la suite des choses.»
Lors d'une réunion de l'exécutif de l'ADQ, prévue jeudi, les modalités qui mèneront à la nomination du prochain chef seront précisées. Certains députés se sont prononcés mercredi en faveur d'une course à la direction.
Lors de sa conférence de presse, Mario Dumont n'a pas précisé pour combien de temps il compte continuer d'occuper la fonction de député de la circonscription de Rivière-du-Loup, où il a été élu la première fois en 1994.
M. Dumont a expliqué qu'au moment du débat, il a commencé à constater que son parti était en sérieuse difficulté et qu'advenant un revers, il devrait envisager de quitter. Sa décision s'est matérialisée dimanche, à la lumière de sondages internes.
«Un peu avant le débat, l'idée a commencé à se faire, mais il n'y a pas un déclic dans une affaire comme ça, a-t-il dit. Pour moi, le vrai déclic, le vrai moment où j'ai pu être certain à 100 pour cent de ce que j'allais annoncer, c'est dimanche soir, quand on a fini la campagne. Avant de tomber endormi, là, ça s'est matérialisé.»
M. Dumont, qui s'est dit serein avec sa décision, n'a pas annoncé de plan précis pour la suite. Après 20 ans de vie politique, il a reconnu que ce changement est cependant une source d'interrogations.
«Je ne dirais pas que ça me fait peur, mais c'est un questionnement, a-t-il dit. C'est un inconnu réel, mais je vis ça très bien parce que je sais ce que je quitte, je sais pourquoi je le quitte et j'assume ça très correctement.»
Avant un caucus des députés de l'ADQ qui s'est tenu mercredi, Sébastien Proulx, qui a été défait dans Trois-Rivières, a déclaré qu'une course à la direction permettra à l'ADQ de démontrer qu'elle n'est pas le parti d'une seule personne.
«Ca va faire la démonstration à tout le monde qu'on est un parti où il y a plus qu'une personne, a-t-il dit. Je l'ai tout le temps pensé et je l'ai tout le temps cru.»
En début de campagne, M. Dumont a admis qu'il n'avait pas su donner suffisamment de place aux députés de son caucus.
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au 11 Décembre 2008 |
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